Le vendeur de sari, de Rupa Bajwa, éditions des Deux Terres
Comme tous les matins, Ramchand est en retard. Il se hâte dans les rues étroites d'Amritsar, qui le mènent au magasin de saris, au cœur de la vieille ville. Là, au milieu des cotonnades du Bangladesh et des soieries de Bénarès, Ramchand et les autres employés passent leurs journées à rouler et à dérouler des kilomètres d'étoffe à l'intention des femmes aisées de la ville. Une course offre un jour à Ramchand l'occasion de sortir de la routine. Il découvre alors un autre univers, et se prend à rêver d'une vie meilleure. Armé de deux vieilles grammaires anglaises, il tente de raviver l'espoir nourri dans son enfance. Mais ses efforts, en lui ouvrant de nouvelles perspectives, le confrontent à la cruauté et à l'injustice dont dépend son existence même. Le Vendeur de saris dépeint un monde où espoir et violence sont inextricablement mêlés.
Rupa Bajwa est née à Amritsar en Inde du Nord, en 1976. Elle y réside le plus souvent. "Le Vendeur de saris" est son premier roman. Il a été publié dans une dizaine de pays. L'Italie vient de lui décerner le prix Grinzane Cavour. Elle a également reçu le prix du Commonwealth Eurasie, attribué au meilleur premier roman.

Dictionnaire des mots et expressions de couleur XXe-XIXe siècle : Le Noir, de Annie Mollard-Desfour, éditions CNRS
Atre, ébène, encre, corbeau, goudron... noir fusain... oiseau noir, marée noire... noir deuil, ecclésiastique ou punk... cafard, mélancolie... noirpiaud... négritude, noirisme... ange noir, messe noire... ténébrisme, saturnien... black is beautiful... Le quatrième volume du Dictionnaire des mots et expressions de couleur est consacré aux divers champs du Noir, noir et ses dérivés (de atrabile à ultra-noir, en passant par black, mélano-, niger et pereno-), nuances du noir (de airelle à zan, à travers ténèbres, ombre ou nuit) et expressions articulées autour de cette couleur au statut particulier. En explorant les textes littéraires, poétiques ou argotiques, les journaux, les revues de mode ou Internet, l'auteur montre comment le noir, ancien ou contemporain s'infiltre partout comme la cendre, dans le langage, dans notre relation au monde, dans notre expérience et notre imaginaire : noir de l'ombre et de la nuit, du diable, des enfers, du mal, de la mort, de la tragédie, de la violence et du danger ; noir de l'humeur et des idées, du désespoir ou de la mélancolie, du pessimisme, de la colère ou de la folie ; noir de l'anarchie, de la révolte, du racisme ou du fascisme ; mais aussi noir du mystère, du secret, de la clandestinité, du trouble ou de la confusion, de l'alchimie et de l'Oeuvre au noir. Ce voyage au cœur du noir invite à la réflexion et au rêve en nous plongeant dans une couleur contradictoire et paradoxale, à la fois ombre et lumière, tradition et modernité, classicisme et provocation, devenue la toile de fond et la couleur sémantique du XXe siècle. "J'aime l'autorité du noir, sa gravité, son évidence, sa radicalité " écrit, dans la préface, Pierre Soulages, dont l'œuvre nous révèle" cette lumière secrète venue du noir. D'autant plus intense dans ses effets qu'elle émane de la plus grande absence de lumière."
Annie Mollard-Desfour est linguiste au CNRS (METADIF, ILF). Elle a longtemps collaboré à la rédaction du Trésor de la Langue française. Les publications des premiers volumes du Dictionnaire des mots et expressions de couleur (Le Bleu, Le Rouge, Le Rose) ont fait d'elle la spécialiste du lexique des couleurs du français contemporain. Elle est présidente du Centre français de la Couleur.

L'étoffe du diable : une histoire des rayures et des tissus rayés, de Michel Pastoureau, éditions Seuil
Que peuvent avoir de commun saint Joseph et Obélix, la prostituée médiévale et l’arbitre de base-ball, les frères du Carmel et les baigneurs des années folles, les bouffons de la Renaissance et les froçats des bandes dessinées, les dormeurs en pyjama et les sans-culottes de l’an II ? Ils ont en commun de porter un vêtement rayé, signe de leur situation sur les marges ou hors de l’ordre social. Structurre impure, la rayure est en effet longtemps restée en Occident une marque d’exclusion ou de transgression. Le Moyen Age voyait dans les tissus rayés des étoffes diaboliques, et la société moderne a longtemps continué d’en faire l’attribut vestimentaire de ceux qu’elle situait au plus bas de son échelle (esclaves, domestiques, matelots, bagnards). Toutefois, à partir de l’époque romantique, ces rayures dégradantes, sans vraiment disparaître, commencent à s’atténuer et à être concurrencées par des rayures d’une autre nature, porteuses d’idées nouvelles : liberté, jeunesse, plaisir, humour. Aujourd’hui, les deux systèmes de valeurs poursuivent leur coexistence. Mais, plus que jamais, il a rayures et rayures. Celles du banquier ne sont pas celles du malfrat ; celles des passages cloutés et des grilles de la prison ne sont pas celles du bord de mer ou des terrains de sport. Retraçant cette longue histoire de la rayure en Occident, Michel Pastoureau s’interroge plus largement sur l’origine, le statut et le fonctionnement des codes visuels au sein d’une société donnée. Qu’est-ce qu’une marque infamante ? Pourquoi les surfaces rayées se voient-elles mieux que les surfaces unies ? Est-ce vrai dans toutes les civilisations ? S’agit-il d’un problème biologique ou d’un problème culturel ?
Michel Pastoureau est spécialiste de l'histoire des couleurs, des emblèmes et des symboles. Il est directeur d'études à l'Ecole pratique des hautes études et à l'Ecole des hautes études en sciences sociales.

Le petit livre des couleurs, de Michel Pastoureau et Dominique Simonnet, éditions du Panama
Dominique Simonet, journaliste à L'Express, a réalisé divers entretiens avec l'anthropologue Michel Pastoureau à propos du sens caché des couleurs dont l'histoire raconte l'évolution des mentalités, publiés en 2004. Ce livre regroupe ces interviews.

Voyage aux pays du coton : Petit précis de mondialisation, de Erik Orsenna, éditions Fayard
« Cette histoire commence dans la nuit des temps. Un homme qui passe remarque un arbuste dont les branches se terminent par des flocons blancs. On peut imaginer qu'il approche la main. L'espèce humaine vient de faire connaissance avec la douceur du coton. Depuis des années, quelque chose me disait qu'en suivant les chemins du coton, de l'agriculture à l'industrie textile en passant par la biochimie, de Koutiala (Mali) à Datang (Chine) en passant par Lubbock (Texas), Cuiabá (Mato Grosso), Alexandrie, Tachkent et la vallée de la Vologne (France, département des Vosges), je comprendrais mieux ma planète. Les résultats de la longue enquête ont dépassé mes espérances. Pour comprendre les mondialisations, celles d'hier et celle d'aujourd'hui, rien ne vaut l'examen d'un morceau de tissu. Sans doute parce qu'il n'est fait que de fils et de liens, et des voyages de la navette. » E.O.
Erik Orsenna nous prend par la main et nous emmène dans différents pays, à la découverte des pratiques concernant la production et la commercialisation du coton. Très instructif !

La dentellière d'Alençon, de Janine Montupet, éditions LGF, Le livre de poche
Sous le règne de Louis XIV, en 1665, dans la ville d'Alençon... Une petite fille de cinq ans à peine est conduite, un noir matin d'hiver, vers dix années de claustration: elle entre en apprentissage de dentelle. Sa main tremble. Elle craint de casser son fil ou de perdre son aiguille. Elle est seule face à mille terreurs; alors, elle crée son monde à elle, entrelaçant ses rêves et ses fils. Ses mains vont, vont, vont, son esprit et son coeur aussi... Viendront, enfin, les jours de récompense. Le plus beau visage, le regard le plus émouvant, les doigts les plus habiles à faire « la plus belle dentelle du monde ». Deux hommes, parmi les plus beaux et les plus valeureux, voudront être aimés de Gilonne. Mais nous sommes dans un temps d'effroyable intolérance religieuse. Alençon, vaste atelier de « point de France », est aussi l'un des bastions normands du protestantisme, et la répression royale s'abat sur la communauté huguenote. La capacité de souffrance des uns n'a d'égale que la cruauté des autres. Dans cette tourmente, les dentelles se teintent de sang et les passions s'exaspèrent... Si, d'aventure, il vous arrive de suivre ces rues d'Alençon qui portent toujours les mêmes noms qu'au XVIIe siècle - rue SaintBlaise, rue du Château, rue aux Sieurs - peut-être y verrez-vous trottiner devant vous une petite fille de cinq ans qui a peur ou s'avancer une merveilleuse jeune femme à qui tout semble avoir réussi. Et vous serez touché au coeur, car vous l'aurez reconnue : ce sera Gilonne, la petite et la grande dentellière d'Alençon. (Source : Le Livre de Poche, LGF).